Présentation du blog - A lire avant tout lors de la première visite du blog

Noé est né le 3 novembre 2012, Alice le 28 décembre 2014. Depuis sa création il y a deux longues années (Mais Dieu que le temps passe...), ce blog est consacré à leur quotidien, leur environnement, leurs proches et moins proches. Vous y lirez surtout des tranches de vie qui se veulent pas "prises de tête". Un peu de légèreté dans un monde qui commence à en manquer singulièrement.

Bonne lecture !

Cécile et Olivier



vendredi 29 mars 2013

Nous comptons sur vous !


Noé a une nouvelle passion qu’il assouvit sans retenue : il bave, bave, bave avec l’application d’un escargot épileptique. Plusieurs fois par jour - voire par heure -, un tsunami salivaire dévale le long de son menton et de ses fringues, si possible propres, fleurant bon la lessive hypoallergénique.
D’un point de vue médical, rien d’affolant selon le médecin : Noé, comme tous les bébés, ne maîtrise pas encore la technique complexe de la déglutition. Il ne respire qu’avec le nez, mais ne se vide que par la bouche. Ouf, nous voilà rassurés. Cependant, une crainte point (verbe poindre) : à force de baver, n’est-il pas en train de se déshydrater ? Ne va-t-il pas devenir tout sec comme un raisin terminant sa courte vie dans un délicieux couscous ?
Afin d’exorciser leurs angoisses, les parents ont décidé de réagir.
En l’absence de traitement médical efficace, ils souhaitent faire appel à votre générosité. Pour cela, ils viennent de lancer une collecte nationale de mouchoirs, de bavoirs et d’eau minérale (pour réhydrater). Après le Téléthon, grand rendez-vous hivernal pointant du doigt les carences de l’Etat en matière de lutte contre la misère, voilà le Noéthon !!! Tous vos dons seront appréciés. Rappelons-le : donner une bouteille d’eau minérale, un bavoir, un paquet de mouchoirs sont autant de gestes forts dans la lutte contre la saleté de l’encolure ou le dessèchement cellulaire. Alors n’hésitez plus, signalez vos promesses de dons dans la rubrique Commentaires. Toutes marques acceptées (sauf Hépar pour l’eau minérale. Car véritable débouche-intestins). Nous comptons sur vous. Surtout nous, parents. Parce que Noé, lui, n'en a rien à cirer.

mercredi 27 mars 2013

Le Boss des bosses (partie 2 d’une violence frisant l’insupportable. Âmes sensibles s’abstenir)


Petit rappel pour ceux qui ont la mémoire défaillante ou qui se sont endormis durant la lecture de la partie 1 : Noé est en appui sur ses avant-bras, sur la table à langer. Il tangue dangereusement, pique du nez, comme si une idée lui alourdissait le cerveau au niveau du front…

… Et l’idée semble plus volumineuse que prévue. Les bras se dérobent. Le front vient embrasser goulument l’encadrement de la table à langer.
Après un silence religieux d’une demi-seconde (le coup de la surprise, sans jeu de mot), la terre s’arrête de tourner, les sirènes de l’enfer se déclenchent. La chambre se transforme en Stade de France accueillant Metallica. Les décibels rebondissent démentiellement contre les murs. Les doudous se bouchent les oreilles, les plus fragiles d’entre eux se suicident en se jetant du haut de l’armoire.
En quatre mots : Noé pique sa crise. Pourtant, le rapide check-up effectué par les parents ne relève aucun trou dans le crâne, ni de fracture ouverte de l’os de l’œil. Le pif n'est  pas enfoncé dans la cavité cérébrale. Aucune dent cassée (c’est pour rire). Tout au plus, une bosse – SA PREMIERE - pousse-t-elle au-dessus de l’oreille. Mais rien d’affolant. Cela lui donnera un look bagarreur des rues, de petit chef de gang qui s’est frotté au GIGN au terme du braquage raté d'un magasin de jouets. Seules les cordes vocales ne ressortiront pas indemnes de cette soirée. Rien ne calme la sono humaine. Ni les bisous de la mère, ni les paroles doctes du père. Pire, Noé en remet une couche (sans jeu de mots). Le petit bougre est vraiment en colère ! Voyons voir si dans la nuit il va pas nous piquer un portable et appeler le commissariat le plus proche pour déposer une plainte !
L’ultime solution est appliquée : le bonhomme est placé devant la Télévision et la météo (désolé, il n’y avait rien d’autre, sauf « Plus belle la vie », mais faut pas pousser tout de même). Las. Les digues lacrymales ont cédé, le sac de larmes double de débit. Le babygros est trempé comme s’il venait de sortir de la machine à laver sans passer par l’étape essorage. A ce stade de l’histoire, une supposition est brusquement envisagée par les parents : il se fout peut-être de nous. Après un conciliabule de 5 secondes et quatre dixièmes (plus rapide que le Conclave hein ?), Noé se retrouve au fond du lit. Et sombre aussi sec (sauf le babygros) dans un sommeil réparateur. Pour lui et son entourage. Et là, une nouvelle fois, la vie est mal faite : Noé a une bosse, mais ce sont les parents qui ont mal au crâne…


mardi 26 mars 2013

Ma semaine d’adaptation (ma mère, c’est la plus angoissée)

Ma semaine d’adaptation chez nounou s’est terminée sans pleurs et sans bobos. Ma mère a fait les choses bien, elle m’y a envoyé doucettement (évidement sur les conseils de nounou). J’ai commencé lundi avec une petite heure pour progressivement arriver en fin de semaine à une journée complète.


Chez nounou, il y a tout ce qu’il faut : des nouveaux jouets, un parc, des marionnettes, des histoires, j’y ai même retrouvé mon Lémiel et aussi mes couches (elle est pas forte nounou !). Il y a aussi deux superbes nanas mais attention, pas des bébés, des adultes, des caïds. Par peur des représailles je ne les nommerai pas. Mais sachez que « K », la plus grande a au compteur plus de 20 mois affichés et « M » doit en avoir entre 10 et 12. Je ne fais pas trop la loi quand elles tournent autour de mon transat. Je vérifie que je suis bien harnaché et que nounou se trouve à portée d’œil mais j’ai une arme fatale « mon sourire désormais légendaire », celui qui fait fondre la glace. Heureusement pour moi, j’ai très peu de cheveux ce qui m’évite de les voir arracher par le «Girls band ».
De temps à autre, nounou envoie un message à maman pour dire que tout se passe bien ou une photo de moi en train de dormir. Ça la rassure, elle se ronge les doigts pour ne pas envahir la messagerie de nounou. Oui, de nous deux, c’est vraiment elle la plus angoissée. Pourtant lorsqu’elle me dépose chez nounou, j’arbore un beau sourire (toujours le même) pour lui faire comprendre « Tu peux partir tranquille, je suis bien avec le « Girls power ».
 Au retour, heureuse de voir que j’ai survécu aux différents assauts et embuscades qui m’ont été tendus tout au long de la journée, elle me couvre de baisers. Moi, je n’en mène plus large, je m’écroule sur mon transat profitant du calme ambiant, pas le temps de me retirer la veste, je dors profondément. Ah, les filles que c’est épuisant ! 


lundi 25 mars 2013

C’est reparti !

En préambule, priorités de l'actualité obligent, vous retrouverez la suite du "Boss des bosses" mercredi prochain (dans deux jours !)

Lorsque vous lirez ces quelques lignes, la vie des Brunel-Guillaume aura considérablement changé.
En effet, à l’heure où blanchit la campagne, où les mouettes débutent leurs insupportables vocalises, où les écoliers endossent leur sac trop lourd pour aller se muscler le cerveau, Cécile aura repris le chemin de la mairie - après cinq mois de congés - et Noé celui de la nounou.
A priori,  tout devrait bien se dérouler.
Noé qui a bénéficié, la semaine dernière, de quelques heures d’adaptation chez la nounou a bien vécu cette expérience : pas de tentatives de fugue, pas d’apparition de plaques d’eczéma dues à un fâcheux stress post-traumatique. Et dès qu’on prononce le mot « Nounou », il ne court pas se réfugier sous la commode en criant « Non, non, ze ne veux pas y aller !!! » (là, il zozote parce que durant sa fuite éperdue, il s’est bouffé un mouton qui est resté collé sur sa langue). Donc, il est fort à parier que tout va rouler pour lui, d’autant plus que TROIS femmes (oui, trois, vous avez bien lu !) vont le couver du regard : la super nounou ainsi que K. et M., deux grandes filles de presque deux ans, quasiment des adultes (vues d’un transat, bien entendu !). Elle n’est pas belle la vie ? (vous souhaitez plus d’infos ? Lire le message de la maman à ce propos... en ligne dès demain).



La mère réintègre quant à elle son cher Hôtel de Ville, là-bas, très loin de l’appartement familial, de l’autre côté du parking de l’obélisque. Une seule crainte persiste concernant cette journée de reprise : Cécile ayant évolué durant plusieurs semaines dans un monde enfantin, va-t-elle retrouver les réflexes pour s’adresser d'une manière adulte à ses chers collègues qui l’attendent le pied ferme et les dossiers sous le bras ?
Prenons un exemple : si elle demande à la direction de lui transmettre un quelconque document, quel ton emploiera-t-elle dans la formulation de sa requête ?
Possibilité n°1 (ton très sobre, maîtrisé et 100% professionnel : Cécile est de retour, tremblez !) : « Excusez-moi, Monsieur D. auriez-vous, s’il-vous-plaît, l’obligeance de me transmettre le compte-rendu du dernier conseil municipal ? Merci beaucoup pour votre précieuse collaboration Monsieur D. »
Possibilité n°2 (Cécile a du mal à raccrocher les wagons après plusieurs semaines de coupure) : « Et coucou Monsieur D. ! Vous avez bien pris votre biberon ce matin ? Vous l’avez bien terminé ? Et le rototo, qui c’est qui a fait le rototo ? C’est Mon-sieur D. (le tout en pinçant le menton du collègue légitimement éberlué). Et puis, qui c’est qui va me donner le compte-rendu du dernier conseil municipal, qui c’est ? C’est Mon-si-eur D. ! (re-pincement de menton) ».
Bien sûr, nous ne manquerons pas de vous tenir informés sur les multiples rebondissements qui risquent d’émailler les prochains jours… Quelle aventure !

vendredi 22 mars 2013

Le Boss des bosses (partie 1)


Dehors, derrière les volets clos et le rideau tiré, la nuit tombe doucettement, cédant la place à la journée qui, tant bien que mal, a fait son job. La soirée s’annonce d’une tranquille et plate banalité. Noé a franchi avec succès les étapes du bain (il ne s’est pas noyé), du biberon (210 ml sifflé en un temps honnête, sans aucune fausse route), du rot (fluidité exemplaire). Life is beautiful ! (traduction pour les anglophobes : la vie est belle). L’heure du Grand dodo approche. Noé profite des derniers instants les yeux ouverts avant d’être placé en résidence dans le lit à barreaux jusqu’au lendemain matin. Il est allongé sur la table à langer. La mère lui « change les fesses ». Généralement, cette opération s’avère indispensable. En effet, c’est en soirée, juste avant que les parents ne se mettent à table, que Noé se montre extrêmement généreux, cœur sur la main, caca dans la couche. Et les habitudes en la matière (fécale) ne se perdent pas, comme le rappelle le cri nauséeux qui traverse l’appartement. La mère s’extasie.
- C’est pas possible comment il arrive à faire ça ! Il faut la descendre de suite (la couche) c’est une vrai infection ! Aaaaaaah mais quelle horreur !!!!!!!! Comment il se débrouille !!!…
En l’espace d’une petite minute, les fesses sont désinfectées (le cadeau était très très très généreux), La nouvelle couche scotchée autour de la taille, gainant à la perfection le derrière de mouche de Noé.
Ce dernier, (Noé, pas son derrière) tout sourire (sadique ?), se retrouve brusquement sur le ventre. Il doit sentir sur son crâne à la chevelure de poussin le souffle chaud et contrarié de la mère en train de finir de le rhabiller. Cette position en appui sur les avant-bras, encore instable (comme s’il avait une idée au niveau du front qui le tirait vers le bas) n’est pas sa préférée. Et le drame survient.

La partie 1 vous a plu ? Vous adorerez la partie 2… très bientôt à l’affiche sur les bons écrans

mercredi 20 mars 2013

Noé Balboa


A quoi ressemble une prise de biberon quand Noé est viré comme une crotte (restons poli) ? Au remake d’un combat de Rocky Balboa, l’étalon italien. Le sang en moins.
Le ring : la salle de séjour
Le spectateur : Olivier Brunel (prononcez à l’anglaise, ça fait plus sérieux : Olivier Bwounewl)
Les deux boxeurs :
A gauche : Noé Balboa, 62 cm, 5,7 kg, surnommé « L’étalon port-vendrais » et, quand il a faim, « L’estomac dans l’étalon port-vendrais » (elle est nulle, mais elle devait sortir).
A droite : Cécile Guillaume (prononcez à l’anglaise, ça fait plus sérieux : Cécaïle Guillaoum). surnommée « Le cordon bleu des Néréides ». Mensurations… ça ne vous regarde pas.
L’enjeu : l’ingurgitation par Noé Balboa de 210 ml de Lemiel® sous la contrainte du « Cordon bleu des Néréides ».
Premier round. : phase d’observation. Bien calé dans les bras de Cécaïle Guillauoum, Noé adopte la stratégie du gentil poulet et avale tranquillou 100 ml. Avantage « Cordon bleu ».
Second round : Noé sort brusquement de sa léthargie. Il évite la tétine grâce une superbe esquive gauche-droite de la tête. Le lait gicle sur le menton. Fa-bu-leu-se ! Oui, sa technique pour contrarier sa mère est tout simplement fa-bu-leu-se !!!!!
Le combat dure près d’une heure. Mais, trêve de suspens, le « Cordon bleu des Néréides », à bout de nerfs, arrivera tout de même à ses fins. Acculé dans les bras de sa mère, bloqué grâce à une clé du bras gauche (chut ; ne dites rien à la DDAS) Noé ne peut que baisser la garde et, millilitre après millilitre, déposer les armes en vidant le bib. En guise de soumission, il lâche un ultime rot qui veut dire clairement : « C’est bon, t’as gagné, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Prochaine manche ce soir, au dernier bib, face à Oliver Bwounewl ».
La vie est un éternel recommencement…

lundi 18 mars 2013

Le compte est bon, le mot le plus long et l’ennui pas bidon


Noé tenait à vous faire part de son inquiétude en publiant le message ci-dessous…
Il est grand temps que ma mère reprenne le boulot. Elle commence à avoir une mauvaise influence sur moi : tous les jours vers 16 heures, bien installée dans le canapé, elle me cale sur ses genoux, allume la télévision. Et son visage s’éclaire en même temps que l’écran. C’est l’heure de « Des Chiffres et des lettres ». Oui, vous avez bien lu. Maman ne loupe aucun rendez-vous avec cette cultissime et envoûtante émission, débordante de suspens, caractérisée par ses sympathiques animateurs, son ambiance soft, façon salle d’attente de cabinet médical (les vieux magazines en moins) et son générique saupoudré de guitare saturée (d’après les potins de stars, Angus Young en serait jaloux…).
Et je subis cette torture médiatique sans dire un mot : j’aurais trop peur de la déranger ! Et qui sait, peut-être qu’en guise de réprimande, elle me ferait sauter le bib de 16 h 30.

Alors, s’il vous plaît, par pitié, pouvez-vous la convaincre, sans la vexer, que je préfère la chaîne Gulli ? Je vous en serai éternellement reconnaissant. Merci d’avance.

vendredi 15 mars 2013

Le jeu des ressemblances

A qui ressemble notre petit ?
Interrogation vieille comme Hérode, posée des millions de fois par des parents à la curiosité exacerbée, à toutes les époques et sous toutes les latitudes.
Au père ? A la mère ? A un des grands-parents ? A une des sœurs ?
La question est régulièrement soulevée au cours des repas de famille. Une source d’âpres échanges.
- Il a le nez de sa mère !
- Oh non, c’est le portrait du père !
- Oh non (bis), plus il grandit plus je reconnais Cécile !
- Non mais, t’as vu son sourire, c’est celui d’Olivier (et ce dernier de s’empresser d’ajouter : les dents en plus, mon sourire !)
Face à cette terrifiante absence d’accords, les esprits s’échauffent, les plats menacent de voler, les fourchettes et les petites cuillères se transforment en de menaçantes armes blanches !
Que fait la police ?
Dans ce jeu approximatif de la ressemblance, on se plaît à rêver à un dérapage incontrôlé de la discussion.












- Ses ongles, vous avez vu ses ongles ? On dirait ceux du capitaine Crochet !
- Mais regardez donc sa chevelure : la même que celle de Mel Gibson dans Mad Max, c’est fou non ?
- Et sa carrure : Arnold Schwarzenegger dans Conan le barbare !
Etc. etc.
Et une fois la paix instaurée autour de la table, on espère juste que Noé restera lui-même. Ce qui sera déjà beaucoup.
En attendant, a-t-il un air du père ou de la mère ? On vous laisse juger sur pièce. Ou plutôt sur photo.


mercredi 13 mars 2013

Un dimanche particulier


Jour du Seigneur pas comme les autres pour Noé. Le petit bavard va déjeuner pour la première fois au restaurant puis visiter une exposition. Le tout avec une certaine appréhension des parents qui savent fort bien que sur un coup de speed de leur jeune pousse, le repas qui s’annonce agréable peut se transformer en charmant foutoir durant lequel chaque protagoniste est condamné à manger froid, un paquet de cordes vocales tonitruant dans une main, une fourchette dans l’autre.
Direction l’entrée de Perpignan et le restaurant Le Casablanca.
Au menu, couscous (délicieux) pour les parents ; Lémiel® pour Noé (ses intestins sont encore un peu tendres pour supporter l’ingestion de semoule et de viande saupoudrée d’harissa…)
Et Ô joie ! de l’apéritif au paiement de l’addition, pas une amorce de cri, ni de hoquet de colère, ni de larme. Un petit moment de grâce que l’on voudrait éternel.
Vers 14 h 30, après la gastronomie, place aux nourritures de l’esprit. Fidèles à notre sens de l’anticipation, nous avons attendu le dernier jour de l’exposition Napoléon, à l’église des Dominicains, dans le centre de Perpignan, pour nous replonger dans la vie de cet empereur adulé ou haï, à peine plus grand que Noé (1,66 m contre 62 cm… on va pas chipoter pour un petit mètre !) mais nettement plus actif.
Au bout de dix minutes de trajet, Noé est transféré du siège auto au porte-bébé. Et c’est parti pour une heure et demie de visite.



Insensible aux soubresauts de l’histoire du début du XIXe siècle, aux viriles opérations militaires, aux basses températures de la campagne de Russie, aux fastes du couronnement impérial et à la chute de « Little Napo », Noé garde les paupières closes devant les centaines de pièces exposées, les panneaux explicatifs, les frises chronologiques, les reproductions d’habits d’époque. Oui, il existe bien plus important que s’intéresser au destin d’un conquérant, un vrai : dormir, par exemple.

lundi 11 mars 2013

Quenottes story II (suspens insoutenable et dénouement)


Avant tout, petit résumé pour ceux qui prennent le train en marche : il est 5 h 30. Le père déambule dans le domicile familial. Noé, au fond de son lit, coincé sous un amas de couvertures, n’a rien mangé depuis deux poignées d’heures…
… J’ose m’aventurer dans la chambre, ce royaume de couches (propres), de liniment oléo-calcaire et de doudous sans cesse plus nombreux, au point que la surpopulation menace au sommet de l’armoire.
Le petit gigot dort toujours, mais il commence à… gigoter. Son inconscient lui rappelle certainement que la faim pointe le bout du museau, que l’estomac est vide comme une vie sans rêves, un verre sans médoc.
Et à cet instant précis, la logique enfantine enclenche son mécanisme implacable. Donnons la parole à Noé pendant quelques secondes.
- Mon Dieu, c’est que je commence à crever la dalle, moi ! Et dans cette chambre, pas l’ombre d’un petit pot ou d’un paquet de chips pour me caler la tripaille ! C’est tout simplement scandaleux !!! Alors, qu’est-ce qu’il me reste à faire ? Je vous le donne en mille : JE ME BOUFFE LES MAINS !!!!!!!!!
Et voici que le bruit du frigo (pour ceux qui ont perdu le fil de l’histoire, voir épisode 1) est couvert, que dis-je ? écrasé, piétiné, étranglé par celui de quenottes juvéniles aspirées jusqu’aux poignets, salivées à outrance, buttant contre une jeune glotte (sans rien régurgiter, admirez la performance). Noé jouera ainsi l’équilibriste entre dodo et réveil jusqu’à 8 heures environ, moment où la faim emportera tout sur son passage. Je remercie alors Dieu (s’il existe) de nous avoir pourvus de mains, et les mains de doigts. Indispensables pour se curer le nez ou se gratter l’oreille, ces appendices jouent également le rôle de merveilleux coupe-faims.
La nature est vraiment bien faite, même si elle est parfois un peu trop bruyante.

vendredi 8 mars 2013

Quenottes story I (mise en bouche)


La vie de l’assemblage judicieux d’un tube digestif exigeant, de cordes vocales affûtées et – quand même – d’une bouche à sourires, occupe un temps non négligeable dans la trop brève journée du père (c’est-à-dire moi, ceci, bien évidemment, les journées chargées de l’irremplaçable « môman »). Ce dernier se condamne à se lever bien avant le coq le moins paresseux pour vaquer à des occupations que le tourbillon du quotidien relèguerait sadiquement au rang de projets avortés s’il lui venait l’idée de les pratiquer à des horaires plus supportables : course à pied, renforcement musculaire (pas musculation, ça c’est pour les jeunes pour qui le terme arthrose ne fait pas encore partie du vocabulaire), lecture.
Plantons le décor : la nuit est obscure comme si un poulpe avait craché toute son encre sur la lune (oui, l’auteur de ces lignes est un grand poète). Le réveil sonne. Une première fois. Puis une seconde. Puis une troisième (j’ai la chance de posséder une montre pourvue de sept alarmes. Aucune d’entre elles n’est inutile). Il fait froid. La tête dans le c… oton (vous avez eu peur hein ?), je m’extirpe de mes ronflements et des draps « made in Auchan » gorgés de chaleur humaine.
J’ai les boules.
Je me dirige à tâtons vers la salle de bain, m’asperge le visage d’eau (glaciale) pour décoller mes yeux (de myope).
Il est 5 h 30. Selon Jacques Dutronc, Paris s’éveille depuis déjà une bonne demi-heure. Mais pas Port-Vendres. Dehors, le silence traîne ses semelles de plomb sur les quais. Tout le monde roupille, même les mouettes. En faisant un effort d’imagination, on entendrait presque les molécules d’air se frictionner le dos.
Dans l’enceinte familiale, deux bruits ordinaires emplissent les lieux : le frigo qui ronronne comme un vieux chat fatigué et perclus de rhumatismes. Et Noé, au fond de son lit, coincé sous un amas de couvertures. Il n’a rien mangé depuis deux poignées d’heures…
… Voilà pour le décor. La suite très prochainement…